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Haïti : Le premier ministre limoge le procureur qui requerrait son inculpation

Un serpent de mer judiciaire se profile à Haïti. Le commissaire du gouvernement, Bed-Ford Claude, qui avait requis l’inculpation et une interdiction de sortie du pays à l’endroit du premier ministre haïtien, Ariel Henry a été relevé de ses fonctions.

« J’ai l’avantage de vous informer qu’il a été décidé de mettre fin à votre fonction » pour une « faute administrative grave ». C’est ainsi que le premier ministre mis en cause dans l’enquête relative au décès du président haïtien, Jovenel Moise a annoncé le limogeage du commissaire du gouvernement . Ce licenciement  est intervenu, ce mardi, soit 24 heures après que le commissaire ait demandé au juge enquêtant sur l’assassinat du président Jovenel Moïse d’inculper et d’interdire au Premier ministre Ariel Henry de sortir du territoire.

Le déroulé des faits à Haïti

De fait , le commissaire du gouvernement avait annoncé, vendredi, que le chef du gouvernement se serait entretenu ,  avec l’un des principaux suspects impliqués dans l’assassinat du président de la République.

Son échange téléphonique ,le jour du crime,  à 4 h 03 puis 4 h 20 , avec Joseph Félix Badio, un ex- cadre de l’unité de lutte contre la corruption, dépendante du ministère de la Justice, qui figure dans le collimateur des enquêteurs , aurait été  géolocalisé dans le quartier où se situe la résidence privée du défunt président Jovenel Moïse. Arguant de ce fait ,‘’des présomptions graves d’assassinat sur le président de la République », le commissaire avait exhorté le juge en charge de l’enquête sur ce meurtre au sommet de l’état, à inculper le premier ministre tout en lui interdisant de sortir du pays.

Un remerciement aux antipodes de la constitution

L’annonce de ce licenciement a des allures anticonstitutionnelles d’autant plus que la constitution haïtienne de 1987 stipule que le procureur ne peut être nommé ou licencié que par le président. En cas de vacance du pouvoir , à l’instar de la situation actuelle , aucune prérogative du premier ministre ne lui octroie le pouvoir de démettre le procureur de ses fonctions . Entre le marteau et l’enclume, le juge en charge du dossier, unique arbitre à détenir les cartes en mains , fait face à un dossier juridique aux gigantesques relents politiques. Le défi est de taille pour sa carrière et l’avenir socio-politique du pays .

 

 

 

 

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