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L’animatrice ivoirienne Yann Bahou raconte comment elle a été maltraitée et détenue à l’aéroport de Libreville

Yann Bahou explique sa souffrance vécue dans les geôles de la police d'immigration

Yann BAHOU, une animatrice radio télé ivoirienne a raconté son calvaire qu’elle avait vécu dans la prison de la police d’immigration gabonaise. S’étant rendue récemment dans le pays d’Ali Bongo en séjour familiale, elle a été interpellée par les agents de la police d’immigration.

Selon le témoignage de Yann Bahou, elle a arrêtée et détenue dans une salle de la police d’immigration de l’aéroport de Libreville bien que disposant de tous les documents nécessaires. Des agents de ce service lui ont exigé un document professionnel justifiant sa présence au Gabon, ce qu’elle n’avait pas puisqu’elle y était à titre privé. Toutes les explications et les documents présentés par l’animatrice ivoirienne n’ont pas convaincu les agents gabonais l’ont ensuite enfermé dans une salle avec d’autres détenus où elle était privée de tous ses droits.

Yann BAHOU, animatrice radio télé

                         RECIT DE L’ANIMATRICE TEL QUE PUBLIE SUR SA PAGE FACEBOOK

 

Ma mésaventure dans les geôles de la police d’immigration à l’aéroport de Libreville. Je suis YANN BAHOU animatrice radio et télé Ivoirienne. Je me suis rendue au Gabon le mardi 14 Septembre 2021 pour une visite familiale.

Ayant tous les documents nécessaires pour m’y rendre. J’ai passé tous les contrôles sans souci. À la sortie de l’aéroport je suis interpellée par un agent de la police de l’immigration qui me demande :  vous êtes journaliste Madame, j’ai dit non je suis animatrice. Il m’a demandé de le suivre chose que j’ai fait sans hésiter.

Une fois au poste, voici notre échange :

L’agent: La raison de votre présence sur le sol gabonais

Moi: Je suis en visite familiale

L’agent: vous êtes journaliste ?

Moi: Non je suis animatrice

L’agent : Où est alors le document de votre employeur qui justifie votre présence dans notre pays?

Moi: j’en ai pas vu que je suis là à titre personnel pour une visite familiale

L’agent: vous êtes en mission il faut ce document

Moi: Non M. je ne suis pas en mission. Je peux vous montrer ma lettre d’invitation et la réservation de l’hôtel

L’agent : Donnez-les moi

Il en fait une copie et sort du bureau.

Mon contact me rejoins au poste et demande à me récupérer pour me ramener à l’hôtel chose que refuse les agents sous prétexte qu’ils doivent en recevoir l’autorisation.

Une fois l’agent revenu, il me demande de le suivre. Je l’ai suivi sans poser de question.

Une fois dans le deuxième bureau, le second agent que j’y trouve me dis ceci:

Agent2 : Mme vous avez combien de téléphone ?

Moi: 2 téléphones

Agent 2: donnez-les moi, je les confisque. Vous les journalistes là vous faites les vidéos et envoyez des messages bêtes

Moi: M. je peux savoir ce qui se passe svp ?

Agent 2: Mme donnez les téléphones on va quitter ici

Mon téléphone a sonné à peine j’ai eu le temps de dire à mon contact ce qui se passait que l’agent m’a arraché le téléphone de l’oreille et l’a balancé sur une chaise. Il m’a crié dessus en exigeant que j’entre dans la salle pour qu’il ferme la porte.

                                    PRIVATION DES DROITS DE L’ANIMATRICE

Me voici enfermée comme une voleuse sans savoir ce que j’avais fait; il était 19h au Gabon. J’y étais avec d’autres étrangers et un ivoirien. Certains y étaient depuis 8 jours.

Dès que j’ouvrais la bouche pour demander ce que j’avais fait, on m’exigeais de la fermer. Un détenu a demandé à prendre ses médicaments, on lui demandé a dit: les médicaments c’est pourquoi? Vas là bas ha.

Stressée et paniquée je n’avais plus de mots… à 04h j’ai pris froid vu que j’étais assise à même le sol et là j’ai commencé à saigner.

À 06h je demande de l’aide à l’agent, ce dernier me demande de me débrouiller et d’éviter de l’emmerder.

C’est à 09h que la capitaine est venue.

La capitaine me demande de venir, une fois en face d’elle :

La capitaine: c’est qui elle ?

Moi: je me presse de me présenter

La capitaine: ha c’est vous la journaliste !

Moi: Non Mme je suis animatrice radio télé

La capitaine : où est le document de votre structure justifiant votre présence ici?

Moi: Je ne suis pas en mission Mme je suis en visite familiale

La capitaine: Même si vous êtes en balade votre entreprise doit vous donner un document avant que vous ne veniez ici

Moi: Je ne le savait pas Mme

La capitaine: haaaa ok la prochaine fois venez avec ça

Elle remet mon passeport à un agent et dit allez-y. Je demande où Mme? Mais chez vous. Je dis mais Mme , elle me jette à la figure : Mme on a du boulot ici hein.

                            RAPPATRIEMENT IMMEDIAT DE YANN BAHOU DANS SON PAYS

C’est ainsi que j’ai été refoulé hier mercredi et ramener en Côte d’Ivoire.

J’ai été enfermée de 19h à 09h sans avoir le droit de boire ni de manger.  Mon contact m’a dit après que je sois rentrée en Côte d’Ivoire, qu’il avait ramené à manger et à boire pour moi. Mais les agents ont refusé de m’apporter le repas. Je précise qu’il y avait le ressortissant togolais qui n’avait pas mangé ni bu depuis 3 jours.

Ps : Prenez tous les documents mêmes ceux qui à votre avis ne sont pas nécessaires avant de voyager.

 

 

Si les faits évoqués par Yann Bahou sont avérés, il s’agit bien là de graves dérapages de la part de ces agents de la police gabonaise. Nous osons croire que le témoignage de l’animatrice ivoirienne permettra de changer les choses à l’aéroport de Libreville.

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